
AVIS DE CONTENU (Historique/Éducatif) :
Cet article aborde des événements historiques sensibles liés à la violence politique et à une exécution durant la campagne bolivienne de 1967 impliquant Ernesto « Che » Guevara. Il est présenté uniquement à des fins d’éducation et de contextualisation historique, afin de mieux comprendre le passé et de réfléchir à la manière dont les sociétés peuvent réduire la violence politique et prévenir les injustices. Il n’encourage, ne cautionne ni ne glorifie aucune forme de violence, de lutte armée ou d’extrémisme.
Ernesto « Che » Guevara : vie, campagne en Bolivie, capture et mort (1967)
Ernesto « Che » Guevara (14 juin 1928 – 9 octobre 1967) était un révolutionnaire marxiste argentin, médecin et chef de guérilla, dont l’image est devenue un symbole mondial associé à la rébellion et à l’anti-impérialisme. Il a joué un rôle majeur dans la révolution cubaine aux côtés de Fidel Castro, contribuant au renversement de Fulgencio Batista en 1959. Après la révolution, Guevara a occupé des postes importants au sein du gouvernement cubain, notamment dans des fonctions liées à l’industrie et à la politique économique, avant de quitter Cuba en 1965 afin de soutenir des mouvements révolutionnaires à l’étranger.
Avec le temps, Guevara s’est engagé de plus en plus dans l’idée d’exporter la révolution armée au-delà de Cuba. Après avoir tenté d’appuyer des insurrections dans d’autres régions, il est entré en Bolivie fin 1966 sous une fausse identité pour organiser un mouvement de guérilla visant à déclencher un soulèvement plus vaste. L’entreprise a connu des difficultés dès le départ : le groupe a souffert d’isolement, d’un soutien local limité, de revers internes et d’une traque de plus en plus intense de la part des forces boliviennes, bénéficiant d’une formation et d’un appui en matière de renseignement venus de l’extérieur.
Le 8 octobre 1967, Guevara a été capturé après avoir été blessé lors d’un affrontement dans la zone de la Quebrada del Yuro. Il a été conduit au village de La Higuera et détenu dans une petite école. Le lendemain, le 9 octobre 1967, les autorités boliviennes ont procédé à son exécution. Selon plusieurs récits, la décision a été prise au plus haut niveau du gouvernement bolivien, tandis que le rôle et l’influence d’experts et de personnels de renseignement étrangers ont fait l’objet de débats à l’époque et par la suite. Les dernières paroles attribuées à Guevara varient légèrement selon les sources, mais elles sont souvent décrites comme défiantes et centrées sur l’idée que sa mort ne mettrait pas fin à la cause politique qu’il incarnait.
Après sa mort, les autorités boliviennes ont eu recours à des méthodes d’identification physique pour confirmer son identité. Son corps a été exposé publiquement afin de permettre une vérification, avant d’être enterré secrètement. En 1997, des restes identifiés comme étant ceux de Guevara ont été retrouvés et rapatriés à Cuba, où il a été réinhumé avec des honneurs officiels.
La mort de Guevara a eu un impact symbolique immédiat. Pour ses partisans, elle a renforcé son statut de martyr et d’emblème international de la résistance. Pour ses détracteurs, elle a marqué la fin violente d’un projet politique associé à la lutte armée et aux bouleversements révolutionnaires. Quelle que soit la perspective, cet épisode demeure une étude de cas marquante sur la manière dont les conflits idéologiques peuvent dégénérer en conséquences irréversibles, et sur la façon dont États et mouvements peuvent, chacun, alimenter des cycles de violence.
Jeunesse et cheminement vers la politique révolutionnaire
Guevara est né à Rosario, en Argentine, et a étudié la médecine à l’Université de Buenos Aires, obtenant son diplôme au début des années 1950. Ses voyages à travers l’Amérique latine — popularisés plus tard par des écrits associés aux « Carnets de voyage » — ont façonné sa vision politique, au contact de la pauvreté et des inégalités. Il s’est progressivement attaché aux idées marxistes et a développé une opposition ferme à l’ingérence étrangère et à la domination économique dans la région.
Au milieu des années 1950, au Mexique, il a rencontré Fidel Castro et a rejoint le Mouvement du 26 Juillet. Il a ensuite combattu comme guérillero dans la Sierra Maestra à Cuba, où il s’est forgé une réputation de discipline, de capacité d’organisation et de leadership sur le terrain. Après la chute de Batista en 1959, Guevara a intégré le nouveau gouvernement révolutionnaire et a pris part à d’importantes transformations politiques et économiques, notamment la réforme agraire et les nationalisations. Cette période a également été marquée par des tribunaux révolutionnaires et des exécutions d’anciens responsables du régime — un aspect de son héritage qui reste vivement controversé.
D’un dirigeant cubain à un insurgé international
Au début des années 1960, Guevara a occupé des postes très en vue à Cuba, plaidant pour une transformation économique rapide et insistant sur l’engagement idéologique, l’austérité et le travail volontaire. Avec le temps, il a exprimé sa frustration face aux réalités géopolitiques et à certaines concessions idéologiques, puis il a quitté Cuba en 1965 pour poursuivre des actions révolutionnaires à l’étranger.
Après une campagne infructueuse en Afrique, il s’est tourné vers la Bolivie en 1966–1967. Son objectif était de construire un « foco » de guérilla susceptible d’inspirer une rébellion plus large dans la région. Au lieu de cela, le projet s’est affaibli sous la pression : problèmes d’approvisionnement, terrain difficile, réalités politiques locales et opérations efficaces de contre-insurrection ont progressivement réduit les capacités de son groupe.
Sa capture et son exécution sont devenues un moment déterminant de l’histoire latino-américaine de la Guerre froide, soulevant des questions durables sur la souveraineté, l’influence étrangère, l’éthique de la contre-insurrection et les limites morales de la violence politique.
Réflexion historique
Che Guevara demeure une figure polarisante : admiré par beaucoup comme un révolutionnaire anti-impérialiste et critiqué par d’autres pour avoir soutenu et participé à la violence politique. Une approche historique rigoureuse évite de nourrir les mythes dans un sens comme dans l’autre. La leçon la plus constructive de son parcours est de voir à quelle vitesse un conflit politique peut passer de l’idéologie et des discours à des pertes humaines — et pourquoi renforcer les institutions démocratiques, les procédures légales et les voies civiques non violentes est essentiel pour éviter les cycles de représailles qui frappent à la fois les « visionnaires » et les gens ordinaires.
Sources (telles que fournies)
- National Security Archive : « The Death of Che Guevara: U.S. declassified documents »
- Zinn Education Project : « Oct. 9, 1967: Che Guevara Executed »
- U.S. Department of State : « Historical Documents on Che Guevara’s Death »
- Wikipedia : « Che Guevara »
- History.com : « Che Guevara is executed »
- Reddit r/socialism : « On this day in 1967, Che Guevara was executed »
- CheGuevara.org : « Che Guevara’s Death »
- YouTube : « Execution of Marxist revolutionary icon Ernesto ‘Che’ Guevara »
- The New Republic : « The Death of Che Guevara »
- Autres références académiques sur Che Guevara



